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« Répondre aux besoins des agriculteurs en favorisant le développement des porteurs de projets innovants »

« Répondre aux besoins des agriculteurs en favorisant le développement des porteurs de projets innovants »

Le numérique au service de l’agriculture, c’est le leitmotiv d’AgreenTech Valley. Muriel Doucet, directrice du cluster orléanais, et Taher Mestiri, président de SEABEX, nous le démontrent au travers de leur expérience personnelle et de leurs projets mutuels de développement.

Pouvez-vous nous présenter SEABEX ?

Taher Mestiri : SEABEX est une plateforme qui aide les agriculteurs à mieux gérer les ressources en eau tout en améliorant le rendement et la productivité de leur exploitation. Concrètement, notre solution collecte toute une quantité d’informations sur les plantes cultivées, les conditions météorologiques, la qualité du terrain, les imageries satellites… pour optimiser la consommation et la répartition d’eau sur chaque parcelle. Outre la collecte de data auprès des exploitants, nous pouvons installer nos propres stations IoT afin de collecter en temps réel des données qui permettront à ces derniers de déterminer le niveau d’irrigation optimal.

Muriel Doucet : Avec SEABEX, qui développe des solutions innovantes dans le domaine de l’agriculture de précision, nous sommes vraiment au cœur de ce qu’est l’AgreenTech Valley, un cluster dont l’objectif est de valoriser les technologies numériques qui s’inscrivent dans la conduite des cultures et des productions végétales au profit d’une agriculture durable, résiliente et de qualité. Bref, une interface entre les acteurs du monde agricole, qui nous remontent des besoins, des barrières techniques ou technologiques, et les offreurs de solutions comme SEABEX, qui à travers leurs expertises sont en capacité de répondre à tout ou partie des problématiques soulevées.


Pourquoi avoir choisi le Centre-Val de Loire et l’AgreenTech Valley pour le développement de SEABEX ?

TM : Après avoir remporté plusieurs prix internationaux et notamment, en 2018, le Prix Orange de l’entrepreneur social qui récompense les meilleurs projets d’entreprises innovantes en Afrique et au Moyen Orient, nous avons cherché le meilleur écosystème pour développer notre activité. La dynamique, les structures d’accompagnement, les organismes de recherche, le plan de développement et la volonté du territoire de faire du secteur un des moteurs de son développement ont été autant d’arguments qui nous ont séduit et nous ont amené, en mars 2020, à créer la société mère SEABEX en Centre-Val de Loire. Je n’oublie pas non plus le rôle d’Orléans Métropole qui s’est engagée dès le début à nos côtés et nous a mis en relation avec le Bureau de recherche géologiques et minières (BRGM), nous a fait visiter le Campus universitaire, initié la mise en relation avec les professionnels du territoire, le LAB’O Village by CA… Le fait d’être très proche de Paris – moins d’une heure de train – sans avoir les contraintes immobilières et de qualité de vie inhérentes à la capitale ont également été des atouts de poids… même si nous ne connaissions pas encore Agreen Tech Valley.

MD : Au sein d’AgreenTech Valley, notre objectif est vraiment de fédérer les acteurs des mondes agricoles et numériques et d’être à l’écoute des faisceaux de problématiques qui sont le vivier de nos travaux. Au-delà de cet aspect très pratique, nous avons également la volonté d’être un catalyseur entre les différentes parties prenantes : offreurs de solutions, partenaires académiques, centres de ressources… afin de les amener à travailler ensemble au développement de solutions autour de sujets clairement identifiés.

TM : Ce volet numérique n’est plus un luxe pour l’agriculture. C’est une question de survie. Sur les quarante dernières années, le nombre d’évènements extrêmes en Europe a été multiplié par 4,5 ; il est donc indispensable de créer de nouveaux outils capables de s’adapter à ces changements climatiques et de répondre à un contexte inédit. Un autre point à prendre en compte, c’est la disponibilité des ressources. Pour les gérer au mieux, faire face aux changements climatiques et stabiliser la production agricole et sa qualité, on ne peut pas faire abstraction de l’intelligence artificielle, du numérique et de nouvelles solutions susceptibles de s’adapter à une situation qui évolue sans cesse.

Dans ce contexte, quel est le rôle d’AgreenTech Valley ?

MD : Pour répondre à ces nouveaux besoins, nous avons l’obligation d’enrichir en permanence notre offre de services. Chaque année, nous proposons un programme d’animation dont l’objectif est de sensibiliser, informer et faire monter en compétence l’ensemble des acteurs du secteur afin de leur permettre de mieux appréhender les sujets numériques et promouvoir le travail collaboratif. Nous travaillons également sur une veille permettant d’informer nos adhérents des différents appels à projet pour le développement de leur activité. Enfin, nous portons un effort tout particulier pour favoriser les mises en relation qualifiées ; c’est-à-dire permettre à des porteurs de projets de trouver les bons partenaires, ceux à même de répondre à des besoins au sein de notre réseau d’adhérents et si besoin, en élargissant à l’ensemble de l’écosystème Centre-Val de Loire et au-delà si besoin. En parallèle, nous développons un service d’accompagnement visant à faciliter l’ingénierie de projets innovants.


Une gamme de services particulièrement complète…

MD : Et nous n’avons pas l’intention d’en rester là puisque de nombreux projets sont en cours de déploiement. Nous mettons ainsi sur pied un club d’agriculteurs référents avant qu’ils puissent partager leur expertise, notamment en termes d’usage ou d’ergonomie avec nos partenaires offreurs et ainsi tester voire coconstruire ensemble des solutions adaptées aux problématiques rencontrées sur le terrain. En collaboration avec la Métropole d’Orléans, nous travaillons également, depuis 2015, à l’aménagement - à proximité de l’université d’Orléans, du CNRS, du BRGM et de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAe) – du Campus Xavier Beulin, dédié aux AgTech. Dès juin, AgreenTech Valley va ainsi aménager au sein de l’Agreen Lab’O qui, comme son « grand frère », le Lab’O, sera un incubateur de startups - labellisé Village by CA - mais destiné, cette fois, aux innovateurs numériques de l’agriculture, de l’agronomie et du végétal. Une formidable opportunité de développer encore plus vite des solutions et ce d’autant plus que le Centre-Val de Loire est un terrain de jeu extraordinaire pour les porteurs de projet avec une région parmi les plus riches en termes de variétés de culture : grandes cultures, cultures spécialisées (horticulture, maraichage, arboriculture, vigne, ...) et forêt. Bref, un lieu d’expérimentation unique en France. Enfin, nous travaillons, toujours avec la Métropole, sur une plateforme de R&D appliquée qui va permettre d’héberger des projets au sein d’une infrastructure véritablement hi-tech qui sera propice à la conception et à la mise au point de capteurs, de nouvelles technologies et de nouveaux modèles pour développer des solutions numériques véritablement novatrices. Sous l’impulsion d’Orléans Val de Loire Technopole, après l’école d’IoT lancée en septembre 2019, c’est le Lab’IA qui ouvrira prochainement ses portes pour aider les entreprises dans la maîtrise du sujet IA mais aussi la gestion et l’analyse des données.

TM : Au sein de SEABEX, nous avons vraiment profité de cet écosystème tourné vers l’expérimentation. Si la crise sanitaire ne nous a pas encore permis de tester sur le terrain nos nouveaux capteurs, nous avons mis à profit les derniers mois pour renforcer notre collaboration avec la Chambre d’agriculture du Loiret et la Ferme des Arches, pour développer notre plateforme et prendre en compte des facteurs que nous avions négligés jusqu’alors, pour peaufiner notre solution et l’adapter encore plus finement aux besoins des agriculteurs et à la réalité du terrain. Je mettrai également en exergue l’agilité du territoire et sa capacité à mobiliser les acteurs autour d’un projet, qui n’aurait peut-être pas sa chance en région parisienne compte tenu de la multiplicité des initiatives imaginées par les startuppers locaux. Ici, nous avons la chance de pouvoir être facilement en contact avec tous les acteurs qu’il s’agisse de l’INRAe, du BRGM ou encore d’Orléans Val de Loire Technopole. Aujourd’hui, chez SEABEX, nous sommes en mesure de proposer un produit 100 % Centre-Val de Loire, c’est-à-dire une solution qui est conçue, développée et produite en Centre-Val de Loire.

Parlons un peu de vos projets maintenant…

TM : Nous sommes dans la dernière phase de production des cartes électroniques qui nous permettront d’améliorer l’acquisition de la donnée sur nos stations IoT. Dès le mois prochain, nous lancerons notre plateforme en version beta publique, avec l’ambition de participera à l’effort national pour essayer d’évaluer l’impact de la dernière vague de gel et permettre à nos clients de mesurer ses conséquences sur leur exploitation. En parallèle, nous travaillons sur le développement d’une filiale d’abord en Tunisie puis, sous un an, au sein de l’Afrique sub-saharienne. Nous recherchons également des profils scientifiques : agronomes, data scientists… susceptibles de nous accompagner dans notre développement.

MD : Je terminerai en ajoutant que nous venons au sein d’AgreenTech Valley de définir trois axes thématiques qui définiront nos grands axes stratégiques à venir : la transition énergétique dans l’agriculture, l’optimisation des intrants et le développement de capteurs innovants. Enfin, je ne serais pas complète sans évoquer l’alliance H@rvest, portée par la fondation AgroParisTech, que nous venons de rejoindre et qui a l’ambition de favoriser l’émergence de solutions innovantes grâce au numérique dans le domaine agricole. Enfin, je me dois d’évoquer le projet Loire Valley Data Hub porté par la région Centre Val de Loire, en réponse à l’appel à projet européen EDIH – European Digital Innovation Hub, qui vise à développer une offre de services pour accompagner la transformation numérique des entreprises, des associations et des collectivités au travers de l’IA, la cybersécurité et le calcul haute performance. La Région et son agence de développement économique Dev’Up se sont positionnées sur ce projet via quatre secteurs clés : la cosmétique, l’environnement, la pharmacie ainsi que l’agriculture et l’agro-alimentaire. AgreenTech Valley est le leader de ce dernier secteur agri-agro et aura ainsi un rôle primordial à jouer dans l’exploitation et la valorisation des données grâce à la maîtrise des technologies numériques.